La logique du charognard

Ci-dessous, ma dernière tribune pour le Figaro Vox et mes réponses au questionnaire d’Atlantico, sur les conséquences du scrutin européen en particulier la démission de M. Wauquiez. J’y reviens sur l’extraordinaire mystification autour de la supposée demi-victoire de LREM, avec la complicité du monde médiatique, sur la jubilation de la classe politico-médiatique, devant ce qu’elle pense être l’agonie des Républicains, sur le caractère aléatoire, imprévisible et explosif de la situation présente, sur fond d’aveuglement et de béatitude. Mais ce qui me sidère le plus, c’est bien l’abîme d’indignité dans lequel s’enfonce sans complexe, sans scrupule, une partie de la classe politique. La jubilation hystérique face aux blessures du courant républicain a quelque chose de révélateur. A ce jeu, lepénisme et enmarchisme se ressemblent comme deux frères jumeaux, unis dans le rêve commun de se partager les dépouilles des Républicains. Les deux partis donnent l’image de ces pillards qui font les poches des soldats gisant sur le champ d’honneur ou des victimes d’une catastrophe. Le pire peut-être est le comportement des transfuges de LR qui après avoir, trahi par opportunisme, s’acharnent sur le corps blessé de leur ancien parti.  Bien sûr, le style charognard a toujours existé. Mais aujourd’hui, une étape nouvelle semble avoir été franchie dans le cynisme. La question n’est pas vraiment de morale publique. Depuis Machiavel, chacun sait que la morale ne fait pas bon ménage avec la politique. Non, c’est une simple affaire de dignité. Mais ce mot a-t-il encore un sens à leurs yeux?
Maxime TANDONNET